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^^ ...inspiring!


« Le bonheur est une petite chose que l’on grignote, assis par terre au soleil. » - Jean Giraudoux

« Voir. Entendre. Aimer . La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin au réveil.» - Ch . Bobin

« Avance sur ta route, car elle n'existe que par ta marche » - Saint-Augustin

« Toute Âme qui s’élève élève le Monde. » - Gandhi

« L'art d'être disciple :  permettez à chaque situation de votre vie de devenir un enseignement. » - Osho

« Mettez du son dans votre vie.
Chantez des chants sacrés de toutes traditions, de toutes cultures.
Chantez votre propre chant, celui de l'âme.
Seul(e)s ou accompagné(e)s, mais chantez.
Accrochez-vous à cette Corde et balancez-vous au rythme sonore de l'Univers » - Mamita



« La notion généralisée de péché forme la base de ce que d’autres cultures, orientales essentiellement, peuvent considérer comme la tragédie occidentale. La tragédie, c’est ce rapport coupable à l’amour physique, cette attitude ingrate pour les dons de la vie et cette relation morbide et tremblante à la mort. La tragédie occidentale, c’est sa vision dépressive du monde. » - F. Gruyer

Lorsque que vous ressentez de la colère, ne la déversez pas sur quelqu'un d'autre. et ne la réprimez pas non plus. C'est un phénomène magnifique qui peut être transformé de manière positive. - Osho

« La question n’est pas «ai-je raison de me sentir mécontent?» mais «comment ai-je envie de me sentir présentement?» Car au bout du compte, c’est toujours nous qui payons le prix lorsque nous opposons une résistance aux événements.
La véritable liberté, ce n’est pas d’avancer à notre rythme. Non, c’est à mon avis d’ajuster notre rythme intérieur en fonction de la réalité (en attendant de pouvoir la changer). C’est accepter d’être là où on est, de plier… C’est tout simplement mettre notre joie de vivre en priorité, avec souplesse et humilité...
» MP Charron

 
« Ne vous demandez pas de quoi le monde a besoin. Cherchez ce qui vous fait vibrer.
    Parce que ce dont le monde a besoin, c'est de personnes qui vibrent avec la vie
. » - Harold T. Whitman, Philosopher


« J'ai beaucoup mieux à faire que de m'inquiéter de mon avenir. J'ai à le préparer. »

« Imaginez que vous êtes un nouveau designer qui débarque dans votre vie, qui perçoit votre essence et qui a une vision claire ce que vous pouvez devenir. Permettez-vous de vous voir comme vous ne vous êtes encore jamais vu, offrez-vous un grand canevas blanc sur lequel vous pouvez vous explorer et vous créer. Il ne s’agit pas de renier ce que vous avez été, mais de laisser fleurir ce qui cherche à bourgeonner. Il s’agit d’apprivoiser les parties de vous qui sont prêtes à s’exprimer… et à briller. » - MP Charron

« Autrefois, lorsque les conditions de vie devenaient trop pénibles, les gens se révoltaient et les autorités devaient revenir à des exigences plus « humaines ». Mais maintenant que des drogues – notamment les antidépresseurs – existent, les gens sont capables de supporter ce qui serait autrement insupportable. » - Ted Kaczynski

« J'ai la patate à faire peur à la pile alcaline! » - Zebda

« Ton âme se jette à l'eau dans mon corps-océan » - Najoua Belyzel

« Je ferais reculer le soleil pour savourer le sommeil » - Dobacaracol


« Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus puisse changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé. » - M. Mead

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir. » - A. Einstein

« Si nous ne nous occupons pas tous ensemble de l'environnement, l'environnement va s'occuper de nous. » - H. Reeves


« Aucune activité humaine, même pas la médecine, n'a autant d'importance pour la santé de l'Homme que l'agriculture » - Dr. Delbet, 1934

« Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. » - P. Rabhi

« Universe begins with "U", "N", "I"... You and I » - Noa

« Je creuserai de nouveaux sillons, mélodie de l'Univers » - Dobacaracol

« On ne vient pas au monde pour être malade, souffrir, puis mourir. Nous venons au monde pour vivre une vie intense et bien remplie." & "La santé ce n'est pas combattre ou guérir la maladie. La santé c'est vivre intensément sans s'imposer de buts vains. » - I. Kuniaki


« L'on ne peut guérir la partie sans soigner le tout. L'on ne doit pas soigner le corps séparé de l'âme, et pour que l'esprit et le corps retrouvent la Santé, il faut commencer par soigner l'âme. Car c'est une erreur fondamentale des médecins actuels de, dès l'abord, séparer l'âme et le corps. » Platon - 427-347 av. J.-C. - "Les Charmides" Les "temps" n'ont donc guère changé !

« Si tu ne sais pas où tu vas, tu arriveras ailleurs » Proverbe Chinois : L’échec ne peut être productif que si nous ne nous concentrons pas sur son résultat improductif.

« Quand on choisi avec son coeur, il n'y a plus aucune place pour la peur... » - Asa Liha

Souvenez vous de ne pas retenir votre amour, ni de calculer. ne soyez pas avares, vous rateriez tout. laissez plutôt votre amour s'épanouir et partagez le, donnez le, laissez le croître. - Osho

« La santé c’est être capable de tomber malade et de s’en relever. » - G Canguilhem

« La santé, ce n'est pas la non-maladie... C'est le pétillement des organes!! » - Taty Lauwers

« La souffrance c'est temporaire, mais l'abandon, c'est permanent » - Matthew Kelly

« Et vint le jour où le risque de rester à l'étroit dans un bourgeon était plus douloureux que le risque d'éclore. » Anaïs NIN

«  L'homme est pareil à un poisson rouge qui viderait lui-même l'eau de son bocal, simplement pour se prouver qu'il peut le faire, sans se rendre compte que le résultat de son orgueilleuse prouesse va le faire crever. » - Marie des Bois

Souvenez vous que quoi que vous fassiez c'est un jeu. Jouez votre rôle. Si c'est un combat, combattez,. restez centrés. Ce n'est pas la peine d'être sérieux. Jouez tout simplement. - Osho

« Une femme est évidemment plus rentable lorsqu'elle est complexée et achète des tas de produits pour ressembler à un idéal de beauté inaccessible (la femme lisse, fine, bronzée, épilée) que lorsqu'elle accepte son corps et se sent bien dans sa peau. » - Lise Jouis (Le blog de La Liseleï)

« Where attention goes, ernegy flows, life grows... » - B. Bacon

« Je profite maintenant de toutes les opportunités. Lorsque je serai vieille et toute ridée, (...), il me restera ainsi des tonnes de souvenirs » - J. LR

 « Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prend la route pour te découvrir toi-même. » - J. Krishnamurti

« Nous avons tous les pieds dans la boue , mais certains regardent les étoiles » (O. Wilde)

« Ce que la chenille appelle la fin du monde, le Maître l'appelle un papillon! » - Richard Bach

« J'ai été invitée à la fête de la vie et j'ai joué tant que j'ai pu. »  - Lu sur une jolie carte postale


Vous êtes en grand danger ! A tout instant que vous aimiez, que vous riiez, , que vous soyiez vivants, vous pourriez rencontrer Dieu, par hasard. - Osho



 

 

Certaines photos présentes sur ce blog ont été glanées sur Google image. Demander les autorisations d'utilisation me semble lourd, compliqué, lent et quasi impossible. Les propriétaires de ces photos peuvent me demander leur retrait par mail ou l'ajout de la source vie un mail à : gayanee_0902@hotmail.com - Merci de votre compréhension.

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Votre souris a du pouvoir :

Découvrez le Mouvement LST (Luttes Solidarités Travail) -  mouvement de rassemblement des plus pauvres pour lutter, avec d'autres, contre la misère et ce qui la produit
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Pétition européenne pour un revenu minimum de base universel
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* Pétition pour allonger le congé de maternité en Europe.
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* Pétition pour protéger les abeilles des pesticides dangereux pour elles.
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* Pétition en ligne pour contribuer à préserver une nourriture pour nourrissons et enfants en bas âge de qualité biologique ET biodynamique ET non vitaminée artificiellement, la liberté de choisir en matière d’éducation et une accessibilité complète aux remèdes naturels, homéopathique et anthroposophiques ainsi qu’à maintenir en Europe une base juridique essentielle pour eux, pour nous, pour vous!
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* The Big Ask! Sans une réduction annuelle conséquente des émissions de gaz à effet de serre, le climat sur notre planète deviendra de plus en plus chaotique... :
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* Levez la main contre la fessée! :
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* Pour que les bouteilles plastiques et les canettes métalliques soient consignées (comme au Québec!) :
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*Pour avoir le choix de vacciner son enfant ou pas, même s'il va à la crèche : Pétition belge
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Envie d'apprendre à masser votre bébé?

Merci!

... à La Licorne! Car le 30 mars 2011, tu as laissé le 1.100è comm' sur mon blog!!! ;-)

... à Bûchette! Car le 29 novembre 2009, tu as laissé le 1.000è comm'!!
... à LaRêveuse! Car le 4 mars 2009, tu as laissé le 900è comm'!!
... à Eo! Car le 27 novembre, tu as laissé le 800è
comm'!!
... à Guillaume! Car le 13 juillet, tu as laissé le 700è comm'!!
... à Vrininie! Car le 2 avril, tu as laissé le 600è comm'!!
... à SuperMama! Car le 21 janvier 2008, tu as laissé le 500è comm'!!
... à Cecilia! Car le 15 novembre, tu as laissé le 400è comm'!!
... à Arc-en-Ciel! Car le 14 septembre, tu as laissé le 300è comm'!!
... à Zara! Car le 5 août, tu as laissé le 200è comm'!!
... à Hapy! Car le 25 mai, tu as laissé le 100è comm'!!
... à Mibeolem! Car le 4 février 2007, tu as laissé le 1er comm'!! 

Mon idée de livre

J'i tout expliqué ici.

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Comment je vois les choses au-travers de mon prisme...
Petit blog pour partager, avec ceux qui y tomberont, des infos à propos de sujets qui me passionnent : la protection de l'environnement, la nature, les énergies renouvelables, la découverte de soi, la réalisation de produits "maison" : cuisine, beauté, herboristerie et, bien sûr, les fraises des bois!!
Retrouvez la page Faceb**k : Le plaisir des petites choses
25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 06:13
"Dire la vérité aux enfants" - conférence de Brigitte O.

Texte de la conférence :

"Je voudrais commencer cette conférence par une petite histoire que j'ai vécue mardi dernier et qui est vraiment le reflet de ce dont je vais parler ce soir. Mardi dernier, ma fille aînée rentre de l'école, ma fille aînée, Justine. Avec une copine à elle qui a à peu près le même âge, elle va avoir 15 ans. Et en rentrant, elle me dit : "Alors, Maman, ta conférence? ça y est, tu as préparé?" "oui, oui!" Et son amie me dit "Ah bon, tu fais une conférence?" "Oui." "Ah bon, c'est quoi le sujet?" Et ma fille répond : "Le sujet, c'est sur la maltraitance." "Ah mais moi, je n'ai pas été battue." Je dis : "C'est bien... C'est rare mais c'est bien!" Et j'ai dis : "Tu n'as donc jamais reçu de fessée?" "Ah, si! Bien sûr! Mais les fessées, ce n'est pas la même chose! Les fessées c'était pour me remettre les idées en place." Et puis, elle me dit, là-dessus : "Et puis, ça fait du bien à Maman!"
Alors on peut voir, elle a 15 ans!, combien un enfant peut oublier la douleur des fessées pour remplacer par : "c'était pour mon bien que maman m'a fait ça, c'était pour me remettre les idées en place".
Tous les parents souhaitent mettre au monde des enfants sages, polis, bien élevés, respectueux. Des enfants qui aiment discuter. Des enfants qui sont curieux, pas trop cela dit. Des enfants qui travaillent bien à l'école, qui savent tenir leur chambre en ordre. Bref, nous voulons tous un idéal d'enfant. Mais nous savons très bien que ce n'est pas possible d'avoir des enfants ayant des comportements aussi robotisés, à un âge, justement, où la nature même a prévu de découvrir son univers, d'exprimer ses émotions, de faire du bruit et du désordre. Mais nous ne le supportons pas.
Nous voulons être compris et respectés de nos enfants, tout comme nous, enfants, nous voulions être respectés et compris de nos parents. Mais comme nous n'avons pas eu cette compréhension et ce respect, nous allons l'exiger de nos enfants.
Si on replongeait quelques années en arrière, si on réalisait le temps qu'il nous a fallu, entre le moment où on a su tenir un stylo et le moment où on a su écrire notre première phrase, il s'est écoulé des années... Mais ça, nous ne le supportons pas, nous voulons tout, tout de suite! Nous ne pouvons pas attendre! Il faut que, dès la naissance, il sache faire ses nuits! Vous avez du entendre ça. Qu'il sache manger rapidement, qu'il soit propre. Ça, nous le demandons à nos enfants. A un âge qui n'est absolument pas prévu pour le faire.

Vous pouvez souvent entendre ces phrases, quand les parents parlent à leurs enfants :
- mais tu vas comprendre, maintenant, ce que je te dis?
- mais tu vas m'écouter, oui?
- tu ne peux pas me respecter un peu?!
Vraiment, si on prend le temps d'entendre ces discours-là entre un adulte et un enfant, je vous garantis que l'adulte n'est pas souvent celui que l'on croit.

Alors, on pourrait se poser la question : "comment arrive-t-on à se faire respecter et à se faire obéir de nos enfants?" C'est très simple, tout le monde connaît la réponse : en leur donnant une éducation. Mais une éducation qui ne correspond pas forcément, qui ne correspond pas du tout d'ailleurs, à la définition que donne le dictionnaire. Le dictionnaire dit : "éduquer, c'est donner à quelqu'un, et plus particulièrement à un enfant ou à un adolescent, les soins nécessaires pour la formation et l'épanouissement de sa personnalité". Alors, quand on vient d'avoir un enfant, on n'a pas le mode d'emploi. On ne sait pas ce qui peut être angoissant pour lui, ce qui est nécessaire pour son bien-être. Et encore moins, ce qui est indispensable pour la formation et l'épanouissement de sa personnalité. Personne ne sait ça, on ne sait pas. Alors, on va faire avec nos références et nos repères. Nos références, c'est facile, on les a tous puisqu'elles sont toutes inscrites, comme dans un disque dur d'ordinateur, dans notre corps. Tout ce que nous avons vécu, depuis le ventre de notre mère, est enregistré précieusement dans notre mémoire. Dans notre mémoire consciente, et inconsciente, parce que je ne pense pas que vous vous souveniez de ce qui vous est arrivé entre l'âge de zéro et de 3 ans pour certains, 4 ans pour d'autres. Je ne pense pas que vous sachiez ce qui s'est passé pendant cette période-là mais, en tout cas, votre corps, lui, sait tout ce qui s'est passé dans cette période-là. Et nous allons utiliser ces références-là pour donner les soins à notre enfant.
Nous allons aussi utiliser des repères. Les repères, aujourd'hui, nous pouvons les trouver dans des livres, sur internet bien sûr, dans notre entourage : on n'est jamais avares de bons conseils pour l'éducation. Mais on s'aperçoit que malgré les repères, on va toujours agir avec les informations qui sont inscrites dans notre corps.
Il peut être très facile d'atteindre notre objectif de se faire obéir et respecter de nos enfants. C'est très facile de formater un petit enfant à l'obéissance. Si on prend l'exemple d'un bébé. A priori, tout le monde sait que l'espèce humaine naît sans la parole. On n'est pas pourvu de nos verbes à la naissance. A priori tout le monde sait cela. Alors seuls les pleurs peuvent manifester un besoin. Si l'enfant pleure, c'est qu'il a besoin de quelque chose. On vient de lui donner à manger, il a la couche propre : de quoi il a besoin l'enfant? C'est des caprices! Donc, on va apprendre à notre enfant qu'on n'est pas à son service et qu'il va devoir apprendre à patienter. Donc je vais le laisser pleurer, 10 minutes, 1/2h, une heure, ça existe, pour qu'il apprenne à patienter. Tout à l'heure, je vous parlerai des conséquences, de ça entre-autre, c'est terrible pour un bébé.
Je peux aussi lui apprendre à obéir dès qu'il commence à marcher à 4 pattes, aux alentours de 6 mois, peut-être plus, 8 mois, à ne pas toucher les choses interdites et précieuses de la maison. Parce que personne ne pense qu'on a un bébé à la maison qui commence à crapahuter et que les objets précieux, il ne faut pas les laisser à leur portée.  Alors pour leur apprendre, parce qu'il y en a beaucoup qui vont dire : "je ne vais tout de même pas commencer à bouger tous mes objets, je suis quand même ici chez moi et il va apprendre, lui, à ne pas les toucher!" Et quand il va toucher, on va lui taper sur les mains, pour lui apprendre à ne pas toucher, on va lui taper sur la fesse pour lui apprendre à ne pas toucher ça!
Il y a aussi la possibilité de tirer les oreilles à un enfant, pour lui apprendre à ne pas toucher les bonbons du super-marché. Je vous dis ça parce que je l'ai écris, parce que j'avais qqch en mémoire. Au mois de décembre, j'étais au magasin XXX, période de Noël, c'est beau, c'est intéressant. Il y avait un garçon et une fille qui couraient dans la grande allée centrale, des frère et sœur, je pense, la fille avait 7 ans. D'un coup, le père a surgi, il pris sa fille par l'oreille, il la soulevait presque, c'est assez grave quand même, jusqu'au rayon où il était et lui a dit : "maintenant tu as compris, tu ne bouges pas d'accord?El" je peux vous assurer qu'elle n'a pas bougé. Elle n'a pas versé une larme. Elle avait le visage meurtri, elle se tenait l'oreille. Elle souffrait le martyr et elle était toute rouge, c'était terrible. C'est terrible de voir ça. Et ça, nous le voyons tous les jours.
Il y a une autre chose aussi qui est très intéressante et que vous avez tous entendu, si vous avez des enfants : "ne le prends pas dans les bras, parce qu'après, tu vas trop le gâter, tu vas en devenir esclave, tu n'en feras rien. Il ne faut surtout pas lui donner de mauvaises habitudes!" Un enfant n'a besoin que de ça, des bras de sa mère.
On peut aussi, ah je pense que vous avez déjà vu ça une fois dans votre vie, une mère ou un père qui se promène dans la rue, tenant son petit enfant par la main. Et le petit enfant lâche la main et court pour traverser la rue. Vous avez tous vu ça? J'ai déjà assisté à ça au moins deux fois dans ma vie. En tout cas, il y a 2 fois où je l'ai vu, ce n'est pas pareil. Avant, je ne le voyais pas. Il se prend une raclée, il est tapé : "ça t'apprendra  à ne pas lâcher la main pour traverser la rue". Ooooh.
En le privant ce qu'il aime tant qu'il n'a pas fait ce qu'on lui a demandé de faire.
Vous voyez, il y a des tas de façons, je ne vais pas tous les citer, ça me ferait une conférence! Tout ce que vous pouvez voir vous-même, à la sortie des écoles. Je parlerai des maîtresses tout à l'heure, ou des professeurs. Tout ce que vous pouvez voir , à la sortie des écoles, dans les rues, dans les supermarchés. Toutes ces manières-là, pour se faire obéir de nos enfants, sont utilisées.
Alors, bien sûr, ces manières se montrent totalement radicales, c'est évident. N'importe quel enfant se soumet en état de peur. N'importe quel enfant, n'importe quelle personne! Pas quel enfant. Vous les premiers, hein. Vous auriez un monstre, 6x plus grand que vous, qui vous agresse, vous n'irez pas riposter, hein! Moi non plus, hein. Je vois un homme plus grand que moi, dans la rue, plus fort, je vais pas, hein, je fais pas ça. N'importe qui va se soumettre dans un état de peur, c'est pas difficile. En tout cas, pour les enfants, ça marche! ... un certain temps... à l'adolescence, là, vous allez le payer. Vous allez le payer très cher. Et à l'adolescence, malheureusement, le pli est pris, c'est pas facile à récupérer.
On pourrait se dire : "mais, est-ce là, l'objectif des parents? que les enfants nous respectent par peur? que les enfants nous respectent parce qu'ils nous craignent, parce qu'ils ont peur de nous? C'est ça l'objectif des parents, ou bien qu'ils nous respectent parce qu'ils nous aiment, tout simplement?"
Alors, comment en sommes-nous arrivé à penser, et à agir, comme ça? La majorité d'entre-nous, avons appris, très tôt dans l'enfance, que ces traitements-là étaient efficaces et étaient justes. Ce qui a marché pour moi, marchera forcément pour mon enfant, il n'y a pas de raison. Moi, je suis devenue un homme, je suis devenue une femme, tout à fait respectueuse, il n'y a pas de raison que mon enfant ne soit pas respectueux, avec ce traitement-là. D'ailleurs, nous entendons dire régulièrement, "je remercie des bons coups-de-pied au cul que mon père m'a donné", "mes parents étaient très durs ave moi, mais c'était pour mon bien". D'ailleurs toutes les émissions de TV que vous pouvez regarder, en passant par Mireille Dumas, en passant par Delarue, toutes ces vedettes qui viennent témoigner de leur passé douloureux, toutes, mais toutes regardez bien, elles rigolent, elles minimisent et comprennent toutes leurs parents qui ont fait comme ça avec eux. Mais c'est très grave de voir ça à a télé, c'est très grave. On le voit déjà partout et ils le mettent en plus à la télé. C'est très grave parce que ça veut dire qu'on va faire la même chose avec nos enfants, sans se soucier nullement si ça peut avoir des conséquences ou pas sur lui, on est persuadé que c'est bon. Et c'est diffusé à la télé.
Mais croyez vous sincèrement, quand vous voyez un enfant qui vient de se faire humilier dans la rue, qui vient de se faire frapper, croyez-vous sincèrement que cet enfant-là, il regarde son père, sa mère et il leur dit : "oh merci papa, parce que je sais que c'est pour mon bien que tu as fait ça", "oh merci maman, parce que je sais que c'est par amour que tu fais ça pour moi", jamais de la vie! Regardez-le cet enfant, regardez-le bien. Cet enfant-là, il n'a pas d'autre choix que de se soumettre au silence. Cet enfant-là, il n'a pas d'autre choix que de rester dans l'isolement toute sa vie. Dans un isolement terrible, effroyable. Et c'est dans cette douleur, souvent insoutenable, que l'enfant va, avec toutes ses ressources, mettre des mécanismes de protection en place pour pouvoir continuer à vivre avec ces parents-là. Parce que ces parents-là sont les seuls qui peuvent répondre à leurs besoins, en tout cas besoins primaires, c'est à dire : avoir un logement, avoir chaud l'hiver, avoir à manger et poursuivre une scolarité. Donc, il n'a pas d'autre choix, à ce moment-là, que de mettre en place ces mécanismes pour pouvoir continuer à vivre dans cette famille-là.
L'enfant, quand il vient d'être frappé, d'être humilié, va se couper totalement de lui, pour faire place à la confusion, dans son cerveau et pour faire place à des sentiments ambivalents et inappropriés. Alors la confusion, j'explique ce que c'est : à ce moment-là, l'enfant n'a pas d'autre choix que d'essayer de comprendre les motifs de son parent. Il va se couper de ce qu'il ressent. Parce que s'il ne s'en coupe pas, là, un enfant qui vit ça, c'est la terreur qu'il sent, la peur. C'est peut-être même la rage, d'être ainsi traité. Mais l'adulte est si grand qu'il le plonge dans la terreur. Coupé de ce qu'il ressent, à ce moment-là, il va élaborer dans son cerveau la compréhension. Il va tenter de comprendre le motif de son parent et en plus, il va essayer de se convaincre lui-même, puisque son parent est en train de lui faire ça, qu'il est mauvais. Parce que si je fais ça, c'est que forcément "t'avais qu'à pas me pousser à bout! Si tu ne m'avais pas poussé à bout, jamais j'aurais fait ça!" C'est que je le mérite bien. Donc, l'enfant, dans son cerveau, va élaborer toute une pour se convaincre effectivement, qu'il ne vaut rien, qu'il est méchant.
C'est très grave parce que, les parents ne se rendent pas compte mais, quand on grandit, adulte, on continue à grandir avec ces même sentiments-là. Et d'ailleurs vous pouvez le remarquer : combien vous avez d'adultes, peut-être pas là, je ne sais pas, qui s'imposent le repas dominical parce qu'ils n'osent pas dire "non" à maman, "non" à papa. Ils n'ont aucune envie d'y aller. "Mais je me dois de le faire, c'est quand même mes parents." Et je ne vous parle pas de la semaine de vacances, l'été : où ils récupèrent maman l'été. "Parce que si je refuse, maman... déjà elle est en dépression...  ça va être terrible pour elle, elle pourrait en mourir." Et tous ceux qui s'obligent, qui s'imposent, de téléphoner "tous les jours à maman", tous les 2 jours, toutes les semaines, pour prendre des nouvelles, alors qu'ils n'en ont aucune envie bien souvent, parce qu'ils ne savent pas quoi leur dire, mais bon, ils ont fait leur devoir de bon enfant bien éduqué, ce qu'on leur a appris. Il y en a qui vont manger tous les dimanches chez maman, c'est ça que vous rigolez?
En tout cas, c'est dans ces attitudes parentales-là que s'inscrit en nous, et durablement dans notre vie, que tous mes agissements d'enfant sont sanctionnables de peines plus ou moins lourdes, selon les critères de chacun, bien sûr. Nous avons tous eu des parents différents, reçu tous des soins différents. Donc selon, nous allons nous faire obéir par des traitements, tous, différents. Tous toxiques mais tous différents.
Et on va aussi se retrouver dans des sentiments ambivalents et inappropriés.
Ambivalents, parce que, d'un côté, je dois comprendre et aimer mon parent. Et de l'autre côté, j'ai peur de lui et je culpabilise en plus, si je suis sincère avec moi-même, si j'ose dire non, si j'ose dire oui.
Donc je vais me retrouver comme ça tout au long de ma vie, dans une situation où je ne vais jamais savoir vraiment où je suis. Et c'est dans cette ambigüité-là que je vais pouvoir tenir, adulte, des propos sur l'éducation erronés en disant "mais tu devrais de temps en temps, une bonne fessée ne fait de mal à personne". Je vais pouvoir tenir ce genre de discours, aussi faire la même chose avec mes enfants. Mais le pire, c'est que, quand je suis en conflit avec un enfant, j'ai tellement peur, inconsciemment, de me retrouver dans la même impuissance où j'étais, moi, quand j'étais petite fille, que je vais faire taire mon enfant pour ne pas entendre ça, pour ne pas entendre la douleur de cet enfant que j'ai été et qui a du obéir. Et c'est là que je vais lui imposer mes exigences et que je vais rentrer dans des jeux de pouvoir avec lui. Pour ne pas sentir les souffrances que j'ai vécues, à cet âge où, moi aussi, j'ai du apprendre à obéir de cette façon. Voilà.

Les conséquences de cette violence éducative, celle qui paraît anodine à tout le monde, celle qui est faite pour "remettre les idées en place", comme on dit.
Alors, bien sûr, ces conséquences, elles sont aussi variées que la diversité des traitements que j'ai reçu. En passant par la manipulation. Alors, c'est un mot comme ça "la manipulation", qui veut dire beaucoup de choses, mais c'est très sournois. Je crois que c'est la pire des choses. Un enfant qui a passé sa vie à être manipulé... Je vais vous donner 2 exemples. On peut être manipulé par une mère dépressive par exemple. Une mère dépressive, elle est toujours sans vie, sans énergie, sans rien. Et elle a un enfant. Vous avez tous entendu parler du baby-blues, je suppose? Le bébé est là et on ne sait pas quoi faire. On n'a pas l'énergie, on n'a pas le goût. On appelle ça dépression post-partum, personne ne se demande d'où ça vient, c'est normal, toutes les femmes quand elles viennent d'accoucher, elles ont ça. Mais pas du tout, je ne l'ai pas eu, moi! Ce n'est pas toutes les femmes, hein. Mais, voyez-vous, quand on arrive au monde avec une mère comme ça... ben, qu'est-ce qu'on fait? On la prend en charge. Déjà bébé, on prend notre mère sur les épaules. On ne va pas la déranger, parce que la pauvre, elle est déjà dans un sale état. Je ne vais pas lui en rajouter. Alors je prends ma mère sur mes épaules, je vais être peut-être un enfant sage... très sage, parce que je sais que déjà c'est pas facile pour elle, mais alors moi en plus, c'est pire. Donc, voyez-vous on peut manipuler un enfant de cette façon-là. On pourrait se dire "oui, mais quand même, la mère est dépressive" mais l'enfant se sent déjà manipulé, il n'est pas accueilli comme il devrait l'être, avec une mère compétente, qui est là, pour lui apporter ses affects. Pas du tout : elle ne peut pas, elle ne sait déjà pas où elle est, elle même, dans sa dépression. Elle n'est pas connectée à ses affects, elle ne peut pas donner aux autres, à son enfant, c'est pas possible. Donc vous voyez, la manipulation, ça peut être ça.
Ça peut être aussi, dans un âge un peu plus grand : "Oh, ma fille, je peux toujours compter sur elle, elle est formidable, ah ça, si je ne l'avais pas, vraiment!..." Et l'enfant, il entend. Et l'enfant, il est nourri par ça. Alors, pensez  bien, il va redoubler de performances pour plaire à sa mère! Puis il va redoubler. C'est formidable! "Je suis déjà une fille tellement sensationnelle! Je plais tellement à maman!" L'enfant se nourrit par cette gratitude. Donc j'ai pas intérêt à faire la gueule, ou à lui dire "non, tu me fais chier, j'ai pas envie de t'entendre ce soir!" Une fille si parfaite ne vas pas se faire ça. Donc vous voyez, on peut manipuler de plein de façons, il y a des tas de façons deép faire violence à un enfant, sans même être frappé.
On peut être menacé, tapé, bien sûr. Abandonné. Alors je ne parle pas forcément "abandonné" dans le sens physique, où la mère refuse son enfant, va le faire adopter. Je ne parle pas de cet abandon-là. Je parle de l'abandon par incompétence. Un enfant qui ne reçoit pas d'affect à la naissance est abandonné par ses parents. C'est un abandon. On peut sentir l'abandon toute notre vie, rien que pour ça. Et ça, on peut le sentir, le vivre, dès le début de notre existence, ce que je vous ai dit. Même dans le ventre de sa mère, on peut se sentir abandonné. On peut se sentir même en danger. Si déjà dans le ventre de ma mère, j'entends ma mère hurler sans arrêt avec mon frère aîné ou avec ma soeur, ou se chicaner avec son mari, je peux vous garantir que l'enfant, là, souvent ils n'ont pas des accouchements bien sereins. Souvent, ça va être un accouchement médicalisé. L'enfant a peur de sortir.
Je vous ai préparé un graphique, fait par un scientifique américain, qui montre la croissance du corps et du cerveau. Et on peut apercevoir, voyez, ça va de 0 à 20 ans. On peut s'apercevoir que le cerveau évolue de 0 à 4 ans. Durant cette période, les traitements que nous avons reçus, bons ou mauvais, sont décisifs. Et vont être enregistrés, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, comme justes et efficaces. Certes, comme je vous l'ai dit, on peut obtenir rapidement obéissance de la part d'un enfant, c'est très facile. Un enfant sans défense, totalement dépendant de nous. Mais à quel prix? Au prix de son intégrité, de son épanouissement. Il subira des blessures inguérissables si personne n'intervient en sa faveur.
La deuxième diapositive est très ensoleillée. C'est le bon fonctionnement de l'organisme. L'organisme devrait fonctionner de cette façon-là. C'est-à-dire : J'ai des émotions. Tous les enfants naissent avec des émotions, tous. Tous. Il y en a principalement 4 : colère, peur, tristesse et joie. Ces émotions sont indispensables pour que je puisse fonctionner sereinement et normalement. Alors, derrière chaque émotion que l'enfant va manifester, il y a un besoin. Alors, ce n'est pas le besoin de vous embêter, là. Quand le bébé pleure, que sa couche est propre et qu'il a tété, s'il pleure, il a peut-être besoin d'autre chose. Un enfant a besoin d'affect pour pouvoir se construire. Mais les affects, on ne sait pas ce que c'est. Les besoins d'un bébé, d'un enfant, on ne sait pas ce que c'est. Alors je vous ai fait une petite liste, non-exhaustive, bien sûr, vous allez certainement en rajouter. Mais un enfant a besoin de protection, de sécurité. Imaginez-vous un bébé que l'on laisse pleurer, parce qu'il faut qu'il apprenne que je ne suis pas à son service. Il est dans des émotions de terreur. Quand personne ne vient, il se sent la proie de tous les dangers, c'est dramatique de laisser pleurer un bébé. Un bébé qui pleure, c'est un bébé qui a peut-être besoin d'être dans les bras, ou besoin d'être massé. Un bébé ne peut pas se gratter, hein. Il a besoin d'être touché, d'être caressé. Il a besoin de proximité, ça veut dire : du contact. De compréhension. On ne sait pas ce que c'est, ça, c'est terrible. L'enfant pleure, on le prend, on le regarde, on comprend qu'il a un besoin. On peut lui parler : "mais, qu'est-ce qui t'arrive, qu'est-ce qui se passe pour toi?" et l'enfant se sent compris, c'est formidable. L'écoute bien sûr. L'écoute, elle ne peut se faire que par le lien. Si je suis en lien avec mon bébé, avec mon enfant, alors je vais pouvoir décoder très facilement ses demandes. Mais si je le repousse, le lien ne se fait pas. L'attention, la tendresse, la sincérité et le respect.
Respect, ça aussi, c'est un bien grand mot. Qu'est-ce que ça veut dire, respecter un enfant? C'est très simple, c'est juste le respecter dans ce qu'il vit, dans ses émotions. L'enfant court, tombe : "aïe!" il pleure et tout. Combien de parents vont lui dire : "mais tu ne saignes pas! Tu n'as pas mal, tu ne saignes pas!" Il y en a plein des comme ça. Il a peut-être simplement eu peur? C'est tout. C'est impossible d'entendre un enfant pleurer. C'est impossible pour un parent. La priorité c'est de le faire taire. Soit par la tétine, soit par le sein, soit l'isoler, ou tout de suite le consoler "je vais te chercher un bonbon!", ... Voyez-vous, on sait tout faire pour ne pas entendre les pleurs.

Mais, en tout cas, un enfant qui a la chance, d'avoir un parent compétent pour pouvoir lui donner ces affects-là, quand il vit une émotion, alors il va pouvoir dire : "mes besoins comptent! Je peux avoir des besoins et on peut répondre à mes besoins!"
Il y a plein d'adultes, plein d'adultes, qui ne connaissent pas leurs besoins. Il y en a plein... qui ne savent pas : "Oh, je suis embêtée en ce moment. Je ne sais pas comment faire demain, j'ai la voiture en panne" "ah bon? comment vas-tu faire?" "je ne sais pas!"
Ou "on va où au resto ce soir?" "Je ne sais pas, je te laisse choisir"
"je ne sais pas, je ne sais pas"...
Derrière la colère j'ai besoin de me défendre, de montrer mon identité, de dire "là, non!", "ça, ce n'est pas juste!", "je ne mérite pas ça!"
Derrière la peur, j'ai besoin d'être rassurée, tout simplement. Si vous rassurez votre enfant quand il a peur. Si vous lui avez donné ça très tôt, ça passe en 5 minutes.
Si je suis triste, j'ai besoin d'être câliné, d'être consolé, d'être prise comme ça dans les bras. Pas "arrête de pleurer, tu ne vas pas pleurer en plus, hein!"
La joie : demande juste à être exprimée. Vous savez il y a beaucoup d'enfants qui ne peuvent pas : "Maman, maman, j'ai eu un 10 aujourd'hui en mathématique!" "Et alors? T'as pas de quoi te réjouir, tu as eu 5 en orthographe, hier!"
Plein de choses... même la joie est interdite!
Même d'être heureux, d'être content, c'est pas possible.
Donc, derrière toute émotion, j'ai des besoins. Et si le parent apprend à respecter ça chez le bébé, mais vous allez faire des adolescents et des adultes formidables, qui connaîtront leurs besoins!
Si je connais mes besoins, je peux faire des demandes. "Ah oui, j'aurais besoin d'une autre voiture demain, puisque la mienne est en panne, pourrais-tu me prêter la tienne?" C'est simple.
Quand on fonctionne de cette façon... Sur le graphique il y a le cerveau droit et le cerveau gauche, je vais faire simple, je ne vais pas vous faire un cours sur le cerveau d'ailleurs j'en serais incapable. Le cerveau droit, c'est l'hémisphère des émotions. Le gauche, celui de la compréhension, de la logique, du comprendre, justement. Quand je reçois ces affects-là, que je comprends, que je connais, que je peux exprimer mes émotions, que je connais mes besoins, que je peux faire des demandes, alors, vous voyez, entre les 2 lobes, des connexions peuvent se faire facilement.
Voilà, ça c'était la belle partie, n'est-ce pas, quand un enfant est respecté dans ses affects, quand il est nourri de ces affects-là.
Il y en a beaucoup qui parlent de : "moi, mes parents, ils m'ont aimé, j'ai pas de problème avec mes parents, tout était bien dans mon enfance" Mais qu'est-ce qui était si bien? Là, on réfléchit déjà. "Ah oui, je me souviens, une fois, mon père m'a emmené à la pèche!" "et après, il devait certainement y avoir plein de choses?" "ah oui, je me souviens aussi, mais j'étais plus grand, je devais avoir seize ans, il m'a mis la main sur l'épaule."
Vous voyez, ces 2 petits trucs-là, aller à la pèche et la main sur l'épaule une fois, ça l'a nourri pour toute sa vie. Cet enfant-là ne connaît pas les affects mais ça, là, il a eu deux fois quelque chose comme ça. Et s'est nourri de ça.
Alors, un enfant dont on a respecté l'intégrité deviendra un adolescent, et un adulte, ouvert, compréhensif, un adulte qui saura où il est, il n'aura pas besoin de prozac. Quand un enfant est nourri de ces affects-là, il pourra avoir confiance en son parent. Parce qu'il sait que le parent sait le protéger. Un enfant qui en aura été nourri aura confiance en lui. Le nombre de personne que j'entends : "oui, mais je n'ai pas confiance en moi" combien j'entends ça! Si on n'est pas nourri d'affects, on ne peut pas : on ne connaît pas ses besoins, on ne connaît pas ses émotions. On ne peut pas se faire confiance. Faire confiance en quoi? On est construit, sur rien, sur du rien. Je comprends qu'on n'ait pas confiance en soi!
On osera demander. Combien il y en a qui sont paumé en ville et qui font le tour de la ville pour aller chercher un plan, "mais tu ne peux pas ouvrir la fenêtre et demander à quelqu'un où on est?" "Non, je fais tout seul, c'est comme ça que j'ai appris, dans mon isolement".
On connaîtra nos besoins, on saura se défendre quand ce sera nécessaire. Combien il y en a qui subissent des tas d'affaires sans jamais rien dire? Mon dieu...
On aura la connaissance des affects qui auront développé notre compassion, notre indignation devant l'injustice. La compassion... Quand on n'a pas reçu d'affect, on est dépourvu totalement de compassion. La compassion, c'est ce que je pourrais avoir quand je vois un enfant dans la rue se faire battre, oh que ça fait mal. La compassion, c'est quand quelqu'un me raconte quelque chose de terrible, plutôt que de lui dire : "ah mais oui, tu sais, moi aussi, ...", je vais la comprendre : "mon dieu comme ça devait être terrible pour toi, comme ça a du être dur de voir ça". Quand on n'a pas eu d'affect, on est incapable d'avoir de la compassion. On peut avoir beaucoup de pitié, mais pas de la compassion. De la pitié, il y en a plein dans les éponges. La copine rentre de l'école, son copain lui a raconté des horreurs qu'il a vécues, on dirait que c'est elle qui les a subies... [Précision de la conférencière :
Une éponge c'est quand on s'approprie l'histoire de l'autre comme si celle-ci nous était arrivée personnellement. En se mettant à sa place on va lui trouver les solutions à son problème puisqu'il est devenu le nôtre.]
L'indignation : s'indigner. "Mais comment tu as pu vivre ça, mais terrible!" S'indigner devant l'injustice, personne ne sait faire ça" Une mère qui vient dire : "mais tu sais, tu devrais lui donner une fessée, parce que t'es pas sortie de l'auberge, si tu continues comme ça, là!" L'indignation serait : "mais comment tu peux dire ça? Mais c'est incroyable de pouvoir dire ça! Faut-il pas avoir de cœur pour pouvoir dire quelque chose comme ça!" On ne sait pas faire ça. On a peur.
On saura transmettre les affects à nos enfants, si nous-même on en a été nourris. Ce sera une évidence pour nous, ce sera très facile! Ces affects-là, ce sera très facile de les re-distribuer. C'est quelque chose qui est inscrit chez moi, qui est dans ma mémoire.
Le développement de son discernement et de sa lucidité : Un enfant qui a été respecté, qui a été compris, qui vraiment peut s'indigner aussi, saura tout-à-fait ce qui est juste et pas juste dans son cerveau. Il aura du discernement. Quand elle sera avec une amie qui va toujours la piquer, lui faire des remarques, lui dire des choses pas gentilles, elle saura le discerner pour pouvoir stopper ça. Parce que combien il y en a qui se font maltraiter dans leurs relations et gobent tout ça? Et quand ils rentrent à la maison, vaut mieux pas avoir d'enfant dans les parages.
Les confidences : on pourra parler facilement, parce qu'il connaîtra la compréhension. Vous savez qu'il y a plein de femmes, d'hommes, qui ne parlent pas. On a beau leur raconter : "tu sais aujourd'hui, mon dieu, il m'est arrivé ça, je pensais que c'était mon amie, c'est terrible!" vous racontez ça à votre bonhomme, le soir, et il est là, il ne répond rien. Ça tombe dans le puits. "Ho, tu m'as entendu quand je t'ai dit ça?!" "ben oui, qu'est-ce que tu veux que je te dise?! c'est ton problème, c'est ton histoire avec ta copine" Pas de compassion, pas d'empathie. Rien. Je ne demande pas qu'il me trouve la solution. Je demande juste qu'il me dise : "oh ma pauvre chérie, c'est ça que tu as vécu aujourd'hui, mon dieu que ça doit être terrible pour toi!" C'est tout!
Mais ils ne savent pas. Ils ne savent pas. C'est terrible parce que si je n'ai jamais été compris, ou comprise, durant mon enfance, comment voulez-vous que je rentre en conversation avec mon entourage? C'est pas possible.
La connaissance de la nécessité de ses émotions. Si je suis nourris de tout ça, je sais ce que c'est une émotion, je sais que ce n'est pas dangereux. Une émotion me permet de savoir où je suis et ça me permet de savoir en même temps que j'existe, que j'ai le droit de me défendre, que j'ai le droit de réclamer. Un enfant qu'on a écouté, respecté, dans son enfance, devient un adulte qui n'a pas peur de ses émotions. Un adulte qui n'a pas peur de se laisser engloutir dans ses émotions, ni de se laisser emporter par ses émotions, car ce sera un phénomène naturel pour lui.
La prise de décision : on saura prendre facilement des décisions. J'ai entendu plein de personnes dire "je ne sais pas m'engager, je ne sais pas prendre des décisions", "on va acheter une robe au magasin, tu viens avec moi?" "oui!" alors on en essaye dix milles et on ne sait pas choisir, on demande à la copine : "choisis toi, car ton avis est le bon!" Car on ne sait pas se décider.
Pas d'auto-destruction : quand on a été nourri comme ça, on n'aura pas besoin de se nourrir de drogues, ni d'antidépresseurs non plus. On n'aura pas besoin d'utiliser l'alcool. Quand on sait où on est, qu'on se connaît, on n'a pas besoin de ça.
On s'entourera de relations saines. Quand j'ai connu ça, quelque chose de sain à la base... Vous savez, quelqu'un qui a toujours connu ça, il ne va pas choisir une victime, ou quelqu'un qui est cabossé de partout, c'est pas possible. Des personnes saines s'entourent de personnes saines. Les cabossés, ça n'intéresse pas longtemps.
Elle saura faire facilement les liaisons entre les souffrances que j'ai vécues dans l'enfance et les difficultés que j'ai en tant qu'adulte aujourd'hui. Si je vis ça comme ça, là et que, dans ma vie d'adulte je peux avoir un moment où je suis confronté à un souci, c'est très facile de comprendre d'où ça peut me venir, pour quelqu'un qui a été nourri comme ça.

Quand on ne répond pas à mes affects, quand on ne me nourrit pas de ça et qu'on m'empêche, ici, de vivre mes émotions, qu'on me laisse pleurer, bébé, quand on me dit "arrête de pleurer, maintenant ça suffit!", quand toutes les fois où je suis menacée dès que j'exprime quelque chose, là : je suis obligée donc de refouler mes émotions, de tout garder ici. Je ne saurai pas faire de demande. Et, ici vous voyez, les connexions entre les 2 lobes du cerveau ne se font plus. Je serai toujours "cerveau gauche" à toujours essayer de comprendre pourquoi on me traite comme ça. Mais j'ai appris, ici, à être toujours obéissante.
Il perdra la confiance en son parent. Il ne peut pas avoir confiance en son parent, celui qui n'est pas nourri d'affects, parce qu'il sait très bien que son parent ne peut pas le protéger. Il doit se débrouiller seul, l'enfant. Il refusera même de l'aide, à l'âge adulte. Il y en a qui déménagent de lourds meubles, ils vont se débrouiller seul plutôt que de demander de l'aide au voisin. On a tellement appris à faire, seul, à se débrouiller seul, qu'on ne sait pas ce que c'est que de demander de l'aide, on ne veut pas déranger. On a tellement appris, quand on demandait, qu'on dérangeait, qu'on est incapable de demander quoi que ce soit. Combien il y en a qui se sentent gênés, quand on va leur proposer de l'aider, quand on va leur donner de l'aide : "mais non, mais non, il ne faut pas, mais non, mais non, ça va aller, tu penses!" Tu leur donnes de l'aide et ils t'amènent 3 poignées de cadeaux comme ça, pour te remercier!
Les brimades, les humiliations, les coups, le figeront dans la peur et le contrôle des représailles. Ça veut dire que, toute ma vie, tout ce que je vais faire, tout ce que je vais oser faire, je vais avoir peur de le faire. J'ai appris comme : 'Mais tu ne vois pas ce que tu fais, là!? Mais tu ne peux pas faire attention??!" Donc toutes les initiatives que je vais prendre risquent d'être difficiles pour moi à prendre parce que je sais qu'il y a toujours une sanction derrière qui risque de m'arriver. On est toujours dans le contrôle de ce qui pourrait nous arriver si jamais je faisais ceci ou cela.
Pour ne pas sentir la douleur d'être ainsi traité et l'insécurité dans laquelle il vit, il idéalisera ses parents pour dénier ce qui lui arrive. Ça, c'est ce que je vous disais tout-à-l'heure : l'enfant n'a pas d'autre choix que de comprendre son parent et de l'aimer, puisque c'est le seul qui puisse lui permettre de répondre à ses besoins primaires.
Une carence affective qui se poursuivra toute au long de sa vie, jusqu'à se mettre au service de tout le monde pour un peu de reconnaissance. Vous connaissez ces personnes qui sont capables de rendre service tout le temps, tout le temps : "mais je vais le faire pour toi, je vais te rendre service!" Ils sont capables de se mettre en quatre pour rendre service, juste pour avoir : "haaaa, heureusement que tu es là, je sais que je peux compter sur toi! ça me fait tellement plaisir, à chaque fois tu es présente!" Vous voyez, rien que pour ça, pour manger un peu de cette nourriture-là, avoir un peu d'affect, un peu de reconnaissance, je suis capable de me nier totalement pour dépanner tout le monde. Juste pour ça.
Il est dans la confusion par manque de vrais repères. Ça, c'est ce que je vous disais tout-à-l'heure, la confusion.
Il ne peut pas discerner une situation douloureuse, car il n'a pas la notion de la douceur.
Il ne peut pas transmettre les affects, parce qu'il n'en a pas été nourri lui-même.
Il n'a pas la possibilité d'avoir des besoins car ils sont rejetés, ces besoins, minimisés ou annulés.
Et plus tard, il pensera ne pas avoir de besoin et, pire que tout, il jugera ceux qui en ont. "Regarde-là, celle-là, elle est encore eu besoin de s'acheter un pantalon. Elle fait sa pétasse, oui!... pff, c'est incroyable..." ou "Hé bien, deux voitures, maintenant? Ils sont à la retraite tous les deux! ils feraient mieux de reprendre le vélo, oui!" Quand on n'a pas été nourri d'affects, c'est obligatoire que nous sommes toujours, toujours, toujours dans le jugement.
Il n'a pas accès à ses demandes puisque tout lui est imposé. Et plus tard, il sera incapable de demander quelque chose, même de l'eau. Il aura peur de déranger, de s'imposer, d'oser se positionner. De dire "J'ai besoin... Je voudrais que... Je ne voudrais pas... Je ne suis pas d'accord..."
Il sera incapable de s'excuser ou de se montrer désolé quand il aura fait quelque chose de mal. Evidemment qu'il en sera incapable : il a enregistré dans son cerveau, quand il était enfant, qu'une erreur était sanctionnable d'une punition, comme être tapé. Donc, c'est évident qu'il sera incapable de s'excuser. S'il s'excuse, il reconnaît forcément qu'il a fait une erreur. Et l'erreur : il faut pas!
Il sera dépourvu de compassion, il ne pourra pas s'indigner devant l'injustice. Pour lui, rien de plus normal que d'être battu, réprimandé ou humilié.
Il ne saura pas se défendre et aura peur de l'autorité, même adulte. Ça, alors là, c'est pareil : allez parler au médecin et dire "non, je ne veux pas ça" s'il vous prescrit de la cortisone "ah oui, mais moi, je n'aime pas la cortisone", on n'ose pas, hein? Parce que c'est le docteur qui l'a dit. "La maîtresse a dit..." : La maîtresse a donné une gifle à ma fille, mais bon qu'est-ce que tu voulais faire, c'est la maîtresse, je ne voulais pas aller la voir.
Il ne se confiera pas, parce qu'il ne connaît pas la compréhension. Donc ce sont des silencieux, des silencieuses.
Il n'aura pas confiance en lui, bien sûr. Il ne connaît pas ses besoins, il n'a pas confiance en lui.
Il sera incapable de discerner que ses réactions sont inappropriées, et encore moins qu'elles sont en lien avec son enfance.
Il s'entourera de relations médiocres parce qu'il pense qu'il n'a pas de besoins particuliers. Donc il pourra avoir des relations amicales, souvent très méprisantes, très désagréables, mais il fera avec ça.
Pour maintenir le refoulement et éviter de ressentir la douleur d'avoir été maltraité, il utilisera des substances toxiques.
Il utilisera la violence sur des plus faibles, sans savoir qu'il se venge de son passé.
Il développera des symptômes plus ou moins graves, comme la dépression, la toxicomanie, des crises de panique, des crises d'angoisses.
Et il se sentira dans une culpabilité permanente parce qu'il est maintenant convaincu qu'il est aussi médiocre et méchant que ses parents le lui ont laissé entendre.
Et c'est dans cette culpabilité, consciente ou inconsciente la plupart du temps, qu'il se soumettra dans des relations toxiques pour lui, parce qu'il préfèrera se nier, ou s'annuler plutôt que de faire du mal à quelqu'un.
Je sais que la plus grande peur des parents, c'est de fabriquer des enfants-rois. Je crois que tout le monde entend parler de ça, tout le monde a peur de laisser tout faire à leurs enfants. Alors, pour éviter ça, ils vont leur apprendre très tôt "qui c'est qui commande". Ça nous fait très peur de faire des enfants-rois, pour plein de raisons, bien sûr, je vais vous en dire 2 peut-être :
- "Je ne voudrais pas que mon entourage me critique sur ce que je fais". Je crois qu'une mère qui entend "mais si tu lui avais donné des fessées plutôt, tu n'en serais pas là aujourd'hui!", je peux vous garantir qu'une mère qui entend ça dans la journée, le soir elle rentre et au premier cri de son enfant, elle lui en colle une, je ne vous dis pas!
- Mais c'est surtout pour ne pas se retrouver dans cette impuissance où nous étions nous-même, alors que nous étions enfants, que nous préférons rester dans le déni de ce qui nous est arrivé, pour prendre le pouvoir sur nos enfants. C'est beaucoup plus facile de rester dans le déni de ce qu'on a vécu en prenant le pouvoir sur eux.

Alors maintenant, je vais prendre une personne, monsieur s'il vous plait, vous voulez bien venir avec moi? vous avez le profil! (rires) Elle lui met un sac-à-dos.
Je prends un exemple : c'est mon petit garçon et je suis avec lui dans la rue de la République et il voit le beau magasin de jouets avec le camion rouge, le camion de pompiers. Et mon p'tit garçon, il veut le camion rouge. Alors voilà la maman que je suis avec lui : on se donne la main et il dit "je veux le camion rouge". "Ça suffit!!! Je t'ai acheté un train il y a deux jours, tu ne vas pas commencer encore!!!" Il va peut-être encore un peu insister : "maman, j'ai envie du camion rouge!" "Ça suffit maintenant!!!!!!!" Et je donne la raclée! Et il va pleurer. "Et tu arrête de pleurer, sinon je vais t'en coller une!!! Et tu vas comprendre pourquoi tu pleures!!"
Voilà ce que vit cet enfant-là :
D'abord, je lui interdis d'avoir une frustration de ne pas avoir le camion rouge : il n'a pas du tout l'autorisation de se mettre en colère, ce petit garçon. Et la colère, elle va là (elle la met dans le sac-à-dos), parce que je lui interdis la colère : "T'es qu'un capricieux!!!".
Cet enfant-là, sur qui j'ai crié comme ça, imaginé ma grande taille et la sienne. Normalement il est tout petit, mais monsieur est plus grand. Il a très peur d'une maman comme ça. Il a très, très peur. Mais la peur, il ne peut pas la ressentir, il s'en coupe .
Mais cet enfant-là, il est aussi très triste de ne pas avoir de camion rouge. Mais la tristesse, vous avez vu ce que je lui ai dit : "arrête de pleurer ou bien tu vas vraiment comprendre pourquoi tu pleures, maintenant!!!!" (elle l'ajoute au sac-à-dos). La tristesse, il n'y a pas droit, il ravale ses larmes. C'est comme la petite fille dans la magasin, à Noël.
Il serait peut-être enragé que je puisse faire ça, une mère comme moi, il y a de quoi être enragé, non? (elle l'ajoute au sac-à-dos)
Voilà, je ferme le sac-à-dos. Ça va, monsieur?
Et là, écoutez bien. S'il a 3 ans, c'est son petit cartable pour aller à l'école. Et il va aller à l'école. C'est là que je plains les maîtresses. Vraiment, c'est là que je plains les professeurs et les maîtresses. Parce qu'il part à l'école avec ça dans le dos. C'est lourd, non? "ça commence" (dit le monsieur. Et elle lui en met encore un dans la main.) Voilà avec quoi vos enfants vont voir leurs maîtresses adorées : avec un sac-à-dos aussi lourd que ça. Quand il arrive à l'école, voyez, toutes ces émotions refoulées, ça se gangrène. C'est de la gangrène, ça, il n'y a rien de plus venimeux que ça. Ça, ça s'appelle une fabrique de "bombe à retardement". Je suis en train de fabriquer une bombe à retardement parce que, vous voyez ce qu'il a dans le sac-à-dos, ça va péter. Ça va péter mais sur qui? Sur le premier gamin à l'école plus faible que lui : celui qui est comme ça, là. Il va e prendre tout dans la tête.
C'est l'histoire de la petite fille de 3 ans qui arrive à l'école : "Ma maman m'a donné une gifle, hier soir." Elle ose le dire à la maîtresse, qui lui répond : "Mais si elle t'a donné une gifle, ta maman, c'est que tu la méritais! Il faut comprendre aussi, tu sais, les mamans!"
Ce qu'il a en main, là, il va le prendre dans la cour de récréation, ou dans la classe, c'est pourquoi je plains les maîtresses, et ça, ça grossit. Parce que, imaginez, si je fais ça à 3 ans, il y a longtemps que je fais ça avec mon enfant! Donc ça, là, (elle lui enlève le sac-à-dos car ça devient lourd, elle montre ce qu'il y a dedans), c'est la bombe. Ça, ça se multiplie par 10, par 100, par 1.000! C'est avec ça que je pète les voitures quand j'ai 16 ans, que je vais mettre le feu aux bagnoles à 16 ans, dans la cité. C'est avec ça que je prends une mitraillette et que je tue 22 élèves dans la classe! C'est avec ça! C'est NOUS qui fabriquons ça! C'est nous qui fabriquons ces mères qui arrivent à tuer leurs enfants quand ils ont 2 mois, parce qu'ils les ont trop battus! C'est ça que nous sommes en train de fabriquer! Et personne ne voit ça : "Elle doit être folle", "c'est dans les gènes!". C'est nouveau, ça. Les suicidaires : c'est dans les gènes, c'est génétiques. Les pédophiles, c'est dans les gènes. Personne ne pense que si on est pédophile, c'est qu'on a été abusé sexuellement, personne. Personne ne voit ça.
Voyez-vous ce que nous sommes en train de faire avec nos enfants, avec cette violence éducative-là? Nous fabriquons des futurs-meurtriers, nous fabriquons des futurs-terroristes,
nous fabriquons des futurs-assassins!
Imaginons la même chose : le petit garçon est avec moi, il veut le camion rouge. Je marche avec lui et je dis : "oui, qu'est-ce que tu ferais avec ce camion rouge?", "hé bien je pourrais jouer, parce qu'avec le camion bleu, tu comprends...", "ah oui? pourquoi pas, c'est une bonne idée.", 'Mais je veux le camion!", "oui, mais je ne vais pas acheter ce camion", "tu est méchante! Je veux le camion!". Là, il est en train de manifester son mécontentement. C'est ce que nous arrêtons. Nous ne savons pas entendre la colère de nos enfants. Et si je lui dis : "ah oui, t'es vraiment pas content de ne pas avoir le camion, là. C'est vraiment quelque chose qui était important pour toi et tu ne peux pas l'avoir", si vous comprenez cet enfant qui vit ça, la colère, elle passe en 5-10 minutes, ça va passer aux pleurs. Parce que, bien sûr il ne va pas avoir le camion, donc c'est comme un deuil qu'il doit faire de ce camion, et ça vient par les pleurs. Et je peux prendre mon enfant et le consoler à ce moment-là.

Voyez-vous, en faisant ça, je n'ai pas laissé tout faire. J'ai juste écouté sa colère, je n'ai pas acheter un camion. Et les gens appellent ça "laisser tout faire", ça c'est grave. Mais je n'ai pas acheter le camion, j'ai juste écouté mon enfant dans sa frustration, c'est tout ce que j'ai fait.
Comment remédier?
Il est encore très courant aujourd'hui, de croire que les enfants n'ont pas de sentiments. Que ce que nous faisons subir à notre enfant n'a pas de conséquences sur lui. En tout cas, moins que chez nous, les adultes. Et que tout ce qu'on peut leur faire subir, c'est un moindre mal. D'ailleurs on dit bien que frapper un chien, c'est cruel. Frapper un adulte, c'est une agression. Frapper un enfant, ça s'appelle de l'éducation. Mais est-ce que cela ne suffit pas pour mettre clairement et nettement en évidence qu'il y a une anomalie qui perturbe notre cerveau, comme un énorme trou, à l'endroit justement où l'on devrait avoir de l'empathie pour les enfants : un adulte reste insensible.
Voyez-vous, ce que cette éducation a laissé comme traces chez nous. Le cerveau de tous les enfants qui ont été frappés garde des séquelles. Parce que presque tous les adultes sont insensibles à la violence que subissent les enfants. Tous les enfants à problèmes expriment les blessures de leurs intégrités, justement, qui débutent très tôt dans la vie. Et ces blessures-là, la plupart du temps, restent refoulées. On ne se souvient pas de ce qu'on nous a fait à cet âge-là, pour qu'on apprenne à obéir. Pour qu'à 5 ans-6 ans, on soit déjà des p'tits enfants-robots, on ne sait pas ce qu'on a subi. Alice Miller, qui est le premier auteur à avoir écrit sur les conséquences de la violence éducative de façon très simple, sans détours, avec beaucoup de courage d'ailleurs, dit ceci : "Pour soulever la chape qui pèse sur cette isolation que subit l'enfant quand il est frappé, soulever la chape dans laquelle il vit, dire la vérité aux enfant. Dire la vérité aux enfants, c'est : "Nous t'avons battu alors que tu étais encore petit et nous t'avons battus parce que nous-mêmes avons été élevés comme ça et nous pensions que c'était comme ça qu'il fallait faire. Nous sommes désolés pour l'humiliation que nous t'avons fait subir et pour la douleur que nous t'avons infligée. Et nous te promettons pour toujours, qu'à partir de maintenant, nous te donnons notre promesse, jamais plus nous ne te ferons cela. Et si toutefois tu sentais nécessaire et utile de nous rappeler notre promesse, nous t'invitons à le faire." Voilà ce que propose Madame Miller : dire la vérité aux enfants. Ces informations ne seront pas une révélation pour votre enfant, comme je vous l'ai dit, tout est déjà inscrit dans son corps. Mais le courage des parents et leur décision de ne plus chercher à fuir devant es faits, aura sans aucun doute un effet libérateur. Et, non seulement, de voir que son parent peut aller au bout de ce qu'il pense, c'est énorme pour l'enfant. Pour le respect de l'enfant, de la vérité, pour la dignité de nos enfants. Plutôt que d'utiliser la violence ou le manque de contrôle que l'on peut avoir avec eux. L'enfant apprend de nos attitudes, pas de nos paroles. Il n'y a que des aspects positifs pour un enfant, à entendre un aveu comme celui-là. Parce que les blessures cachées jusqu'alors peuvent guérir, parce qu'elles ne resteront pas emmagasinées dans l'inconscient. Et surtout, quand il aura des enfants, il lui sera évident de ne pas les frapper à son tour pour pouvoir les éduquer. Alors, bien sûr que certains parents se moqueront de ce discours-là. Mais ce n'est pas étonnant. On a tous eu peur de reconnaître qu'on a fait des erreurs. Alors reconnaître qu'on a fait des erreurs à un enfant, j'ai toujours peur de ce qu'il va m'arriver si je dis que j'ai fait une erreur, c'est pourquoi on n'ose pas parler à ses enfants. Mais je pense malgré tout qu'il y a des parents qui veulent faire différemment avec leurs enfants, qui veulent essayer de ne plus les violenter pour se faire obéir et respecter. Mais ils n'en ont pas les moyens, ils ne savent pas comment faire, ils ne savent pas comment s'y prendre. Un enfant à qui l'on a dit la vérité peut développer toutes ses potentialités. Il n'est pas question d'excuse de la part des parents. Parce que les excuses, elles attendent un pardon. Et un pardon pour déculpabiliser le parent, c'est trop demander à l'enfant. Donc, ce discours-là n'est pas fait dans un but d'excuse, il s'agit de donner une information, mais qui confirme ce que l'enfant sait déjà. C'est le moment d'accorder une place centrale à l'enfant, un moment privilégié avec lui, pour juste lui permettre de sentir ce qu'il entend, ce qu'il dit, ce qu'il vit. Et quand l'enfant remarque que ses parents s'intéressent à ce qu'il a ressenti lors d'un débordement, il vit un moment de grand soulagement, en lien avec une sensation de justice. Il ne s'agit pas encore d'un pardon, mais de l'évacuation des secrets qui séparent, il s'agit de construire une relation nouvelle, fondée sur la confiance. Et de soulever la chape qui isolait jusqu'alors l'enfant battu.
Merci à vous."

Vidéo ici :
http://www.alice-miller.com/video_fr.php

Réponse de Brigitte à ma demande de publier ce texte : 
"Vous pouvez publier ce texte mais je trouve quand même que retranscrit ainsi il perd de son intérêt, il est beaucoup moins vivant qu'en voyant directement la conférence. Il est peut être plus souhaitable de donner le lien de la conférence sur votre blog pour la visualiser." (ce que j'avais prévu de toute façon) Un grand merci de m'avoir autorisée à publier le texte de la conférence, Brigitte.

Réponse de Brigitte quant à la signification qu'elle donne à "affects" :
J'ai utilisé le mot "affect" pour rassembler plusieurs comportements affectifs "tendresse, respect, compréhension, proximité..... qui sont tous les ingrédients nécessaires pour le bon développement de l'enfant et l'épanouissement de son intégrité. Cela dit, il reste un mot inapproprié que je n'utiliserai plus puisqu'il signifie dans le monde de la psychanalyse une charge affective basée sur la névrose ou l'angoisse."

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commentaires

Virginie 16/09/2009 16:12

Bonjour,Je suis actuellement étudiante afin de devenir psychothérapeute et mes lectures m'ont conduites directement au site d'Alice Miller et naturellement à la conférence de Brigitte O. Malheureusement aucune trace de son nom de famille ni même de livres qu'elles auraient éventuellement écrit. Or, j'aurai besoin de connaître son nom de famille afin de pouvoir la citer dans mes devoirs à rendre à mon professeurs. Pourriez-vous m'aider à cette fin? Je vous demanderai de bien vouloir me le communiquer via mon adresse e-mail: tomasi_virginie@yahoo.frEn vous remerciant par avance et en vous souhaitant une agréable fin de journée. Virginie

Gayanée 16/09/2009 22:15


Bonjour Virginie,
Je ne sais pas répondre à ta question.
Par contre, j'ai eu l'occasion de la contacter par email et elle m'avait répondu, donc n'hésite pas à lui poser directement ta question (son mail: mailbox2am@yahoo.com).
Je te souhaite de belles découvertes dans ton métier, comme celle du travail d'Alice Miller!
Gayanée


petit_scarabee 08/09/2008 09:04

juste... MERCI. Ce sont des choses dont je suis profondément convaincue, mais je manque toujours d'arguments pour les expliquer à ceux qui pensent qu'une "bonne raclée de temps en temps ça fait pas de mal"...Je vais relayer la vidéo de mon côté...

Gayanée 11/09/2008 07:56


Avec plaisir.
J'aime autant que ça serve, que ce soit relayé...

Bise.


rachel 31/08/2008 16:49

tout lu, piou !!super intéressant !!ça fait bien réfléchir...je tend vers mais beaucoup trop de dérapages à mon goût... pff, dur dur d'être de pas trop mauvais parents...

Gayanée 11/09/2008 07:57


Des parents parfaits, ça n'existe pas...
La meilleure chose qu'un parent puisse faire, c'est faire de son mieux... et de le reconnaître lorsqu'il a fait des erreurs.

Bise!