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Des fraises des bois... ou le plaisir des petites choses. Un blog pour partager, avec ceux qui y tomberont, des infos à propos de sujets qui me passionnent : la protection de l'environnement, la nature, les énergies renouvelables, la découverte de soi, la réalisation de produits "maison" : cuisine, beauté, herboristerie et, bien sûr, les fraises des bois!!

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"Tout ce qui respire sous le soleil partage un souffle" - Christiane Singer

Voici un texte sublime de Christiane Singer. Il est a savourer, déguster afin d'en tirer l'essentiel...

 

Tout ce qui respire sous le soleil partage un souffle

 

"Il est facile de se révolter contre la réalité. Il est plus difficile de la vivre. Nous sentons bien qu'aussi longtemps que nous voulons de toutes nos forces changer ce monde, il nous résiste férocement, il se refuse. Aucune entité vivante - et le monde en est une - n'aime l'énergie tranchante et bien intentionnée du réformateur. Il y a là un mécanisme secret. Le changement ne s'opère pas par la volonté, mais seulement lorsque le hiatus de l'acceptation permet une profonde respiration. Je m'incline devant ce qui est - ce qui est advenu. Une fois que j'ai reculé d'un pas, renoncé à imposer ma volonté, un déclic secret a lieu : une porte s'ouvre. Toute entité vivante veut être honorée, invitée à retrouver sa fluidité, et non pas forcée, fracassée comme un tiroir-caisse. 

 

 Dès que je manie la critique, je sens s'aggraver l'irritation, et en même temps je sens que c'est cette irritation même qui crée l'adversaire! Les deux vont ensemble.

 

Un moine qui avait soif d’absolu avait quitté le monde pour se réfugier dans un lieu isolé. Puis il a compris qu’il ne serait appaisé que s’il apprenait aussi à aimer la saleté, la poussière et la passion. Il est facile de se révolter contre la réalité, il est plus difficile de la vivre. "Alors, je suis revenu dans le monde" disait-il... non pas pour le changer, mais pour l'aimer.

 

Nous sentons bien qu'il faut plonger - plonger dans le marasme, la souffrance, le chaos, l'injustice, le manque - et que c'est ce salto mortale qu'on appelle l'amour. L'amour n'a ni bonne ni mauvaise intention. Il n'a pas d'intention du tout. Il commence là où finit tout jugement, où finit la peur. Si c'est cette peur qui nous fait souhaiter construire un univers où nous n'aurons plus peur - où régnera une atmosphère de sécurité - alors nous y programmerons aussitôt la violence.

Il faut sortir de l'illusion sécurisante.

L'amour, par nature, met en danger. L'amour nous emporte au large, loin des estuaires et des ports de plaisance.

Il n'y a pas d'un côté le monde avec ses guerres, ses tortures, ses horreurs, et de l'autre les hommes qui s'en indignent. Il n'y a qu'un monde. Et tout ce qui respire sous le soleil partage un souffle, un seul ! En dressant un mur contre la haine du monde, sa laideur, sa tristesse, sa vénalité, sa dépression - comme si tout cela ne nous concernait pas - nous nous ôtons le seul puissant outil de changement: la conscience que le monde n'est rien d'autre que le précipité chimique de toutes mes pensées, de toutes mes peurs, de toutes mes cruautés. Sans ce trouble fondamental, nous ne sommes pas en mesure de commencer "nos humanités", ni d'entrer en vie et en vérité. Dès que je cesse de voir le monde en dehors de moi, séparé de moi pour le réintégrer, l'incorporer - je suis revenu dans le monde (et le monde est revenu en moi) - alors une issue se dessine, et la sensation d'impuissance cesse!

 

A la question "que puis-je faire pour ce monde?", Suzuki Roshi répondait: "clean up your own corner!".

De ce "coin" nettoyé jaillit la source. Voilà la charnière: "celui qui a vu son ombre est plus grand que celui qui a vu les anges". Celui qui a touché ses abîmes et qui a pourtant choisi la vie met le monde debout.

Souvent nous prenons refuge dans "l'amour" - ou ce que nous tenons pour l'amour. Nous aimons pour échapper à nous-mêmes, à notre propre persécution. Nous sommes nombreux à nous être condamnés à ne pas vivre tout en continuant à être vivants. Or la loi de l'âme est radicale : si je ne suis pas proche de moi, je ne le serai de personne - et personne ne pourra m'approcher.

Quand nous entrons en amour, nous croyons que l'amour vient de nous être octoyé par la personne que nous aimons - et que cette personne détient l'amour. Or l'amour n'est aux mains de personne. Ni entre tes mains, ni entre mes mains. Il est entre nous. Il est ce que l'espace insaisissable entre nous a engendré. L'essentiel respire entre.

 

La voie est dans la vigilance - une vigilance de tout notre être, vibrante. Nos sens sont le plus souvent devenus des tentacules qui tentent de tirer le monde à eux pour le posséder. Il est temps qu'ils redeviennent des antennes, des antennes du vivant et que notre corps entier s'ennoblisse. Cet élan, cette ouverture de tout l'être nous rendent perméables à l'essentiel. Si l'essentiel est partout, il ne manque plus que nos yeux pour le voir. Ouvrir les yeux, sortir de l'anesthésie féroce de nos coeurs ! Nous laisser attendrir, toucher.

Tu as le choix. C'est une invitation que je transmets."

 

Christiane Singer

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C
<br /> <br /> Tout est si juste et si beau et surtout, surtout si vrai !<br /> <br /> <br /> Je suis touchée par ton texte qui me fait réfléchir ! Je vais le ranger dans mes préférés et le relire encore et encore !<br /> <br /> <br /> Merci infiniment<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> Avec plaisir, Canella! Bienvenue à toi!<br /> <br /> <br /> J'ai découvert ton blog! bon blog-anniversaire d'ailleurs!!<br /> <br /> <br /> <br />