Des fraises des bois... ou le plaisir des petites choses. Un blog pour partager, avec ceux qui y tomberont, des infos à propos de sujets qui me passionnent : la protection de l'environnement, la nature, les énergies renouvelables, la découverte de soi, la réalisation de produits "maison" : cuisine, beauté, herboristerie et, bien sûr, les fraises des bois!!
Avec ma classe des cours du soir en herboristerie, nous avons été visiter le rucher-école de Charleroi, le 7 mai 2007.Voici le compte-rendu, basé sur mon carnet de notes.
Le même jour, nous avons été visiter l'entreprise Prânarom, dont le compte-rendu viendra plus tard.
Nous avons été reçus par Mr. HAELTERMAN. Il nous a expliqué quels étaient les produits de la ruche et comment les abeilles les récoltent, les transforment ou les produisent.
D’abord un petit mot sur ce rucher-école qui date de 1890.
L'INSTITUT APICOLE DE CHARLEROI et son rucher école organisent deux cycles de cours :
Un cycle de " Cours de base" pour "débutants en apiculture", débouchant sur un diplôme de capacité en apiculture.
Ce cycle est constitué de 70 modules de 2h00 , répartis sur 2 années scolaires; et un cycle de cours pour " Conseillers Apicoles " , cycle de 40 modules de 2hoo répartis sur 2 années scolaires.
L'Institut apicole de Charleroi est situé à RANSART - rue Appaumée 69, dans le magnifique " Complexe de l'Environnement" .
Ses buts :
- enseigner l’apiculture à des novices. Leur apprendre aussi que, pour des raisons de bon voisinage, 1 à 3 ruches c’est suffisant. Qu’au-delà, il y a des inconvénients, pour les voisins et les pour les abeilles.
- Par l’accueil de groupes, de jeunes, … faire prendre conscience que les abeilles méritent le respect, et par là, toute la nature.
- Sauvegarder l’abeille indigène de la région (à contrario de la sélection d’abeilles « productives » réalisée par les éleveurs-producteurs). Par exemple, l’abeille ‘tueuse’, un croisement entre une abeille d’Afrique et une abeille sud-américaine, est très productive mais est également très agressive. Il est assez difficile de conserver la race autochtone car l’accouplement a lieu en vol, en l’air, avec une dizaine de faux-bourdons différents. Pour ‘surveiller’ la fécondation et être certain que la reine soit fécondée par un faux-bourdon de sa race, il y a l’insémination instrumentale.
L’abeille est un insecte social protégé par la législation.
Ce dont l’abeille a besoin pour vivre et nourrir le couvain :
- de l’eau
- du nectar
- du pollen
Le nectar :
À partir du nectar, elle produit le miel.
Elle va chercher le nectar sur les fleurs, ou alors le miellat qui exsude des feuilles. Elle s’en nourrit, en récolte et, en même temps, pollinise les fleurs visitées.
C’est elle, à 85%, qui pérennise les plantes entomogames (= plantes dont la pollinisation est assurée par des insectes ; les plantes anémogames voient leur pollinisation assurée par les airs et le vent), les autres types d’insectes se partageant les 15% des autres plantes entomogames. Le nectar, produit ressemblant à de l’eau sucrée, est produit par les glandes nectarifères à certains moments de l’année, dans la corolle de la fleur. Il est donc important que l’apiculteur sache ‘conduire’ sa ruche afin que le ‘bataillon’ des abeilles soit prêt au bon moment dans la saison. En passant de fleur en fleur, elle va remplir son jabot, gros comme une tête d’épingle. Par temps sec, les fleurs produisent peu de nectar. Le nectar contient 85% d’eau. S’il fermente, cela donne de l’hydromel. Arrivée à sa ruche, elle le régurgite et une autre abeille l’absorbe dans son jabot, puis une autre à son tour, etc. C’est la trophallaxie.
Chacune y ajoutant des substances enzymatiques (produites par leurs glandes). Pour éviter la fermentation, il faut enlever une partie de l’eau contenue dans le nectar. Pour ce faire, il est déposé au sommet d’une alvéole et va s’y étaler alors que les abeilles ventilent la ruche grâce à leurs ailes. Voilà comment cela devient du miel. Arrivé à 16-18% d’humidité, cela ne fermentera plus. Pour éviter la réhydratation du miel obtenu, les abeilles ferment alors l’alvéole avec un opercule de cire. Dès 20-21% d’humidité, cela pourrait fermenter et ne se conserverait pas aussi bien. Lorsque la majorité d’un cadre est operculé, l’apiculteur sait que ce qu’il récoltera se conservera. Il retire les opercules et passe le cadre à le centrifugeuse. Il filtre 3x puis met le miel dans un maturateur (où il cristallise) et puis en pots. Tout miel cristallise et devient dur, même du miel d’acacia, mais plus lentement (4 ans) car il contient plus de lévulose que de glucose (contrairement au miel de colza, qui cristallise en 5 jours). Pour que le miel soit crémeux, tartinable, il y a deux solutions :
- le chauffer : mais au-dessus de 40°C le miel perdra ses qualités thérapeutiques. À moins de 40°C, cela prend énormément de temps. (devinez ce qu’en pensent les industriels…)
- Ou alors il faut qu’il cristallise avec les cristaux les plus petits possibles. Pour cela, soit on le bat (tourner dedans 4 ou 5x/jour durant 5 minutes, cela casse les gros cristaux en cristaux de +en+ fins), soit on ajoute 1/10ième de miel finement cristallisé de la récolte de l’année passée et alors le tout cristallise finement.
Le pollen :
En allant chercher le nectar, elle se frotte contre les étamines. La pilosité de l’abeille fait qu’elle se retrouver couverte de pollen. Pendant qu’elle butine le nectar avec 2 de ses pattes, elle utilise ses autres pattes pour se nettoyer et récolter ce pollen qui la recouvre. Elle en fait 2 pelotes qu’elle arrime à ses pattes arrières (=corbeilles à pollen).
Et ce pollen va pouvoir, grâce à elle, se retrouver en contact avec une autre plante pour effectuer la fécondation croisée. Elle rentre à la ruche quand elle est assez chargée. Il est stocké dans des alvéoles, lui aussi.
Pour le récolter, l’apiculteur installe une grille à pollen à l’entrée de la ruche : ses mailles ayant la même taille que les abeilles, les pelotes de pollen y sont décrochées et tombent dans un petit bac à pollen. Le pollen frais, quant à lui, est récolté directement des alvéoles et directement congelé. Dans le miel, on retrouve également du pollen. C’est en regardant ce pollen au microscope que l’on peut dire s’il s’agit d’un pollen de châtaigner, de pin, de lavande, … en fonction de la quantité de pollen de cet arbre retrouvée dans l’ensemble des pollens contenus dans le miel observé.
La gelée royale :
c’est essentiellement la nourriture de la reine. Elle est produite par les glandes des jeunes abeilles ouvrières qui ont entre 8 et 15 jours d’âge. Le reine ne reçoit que de la gelée royale. Un œuf met 3 jours à devenir une larve. Une larve met 6 jours à devenir une nymphe. La larve est nourrie de gelée royale durant ses 3 premiers jours et ensuite, si elle ne reçoit plus de gelée royale mais de la bouillie larvaire (mélange de miel, de pollen et d’eau), elle deviendra une ouvrière ; si elle reçoit encore de la gelée royale, elle deviendra une reine. La reine pond entre 1200 et 15000 œufs par jour et beaucoup moins en hiver. La gelée royale est un produit rare et cher. Une ruche produira 15kg de miel au grand maximum, et quelques grammes de gelée royale seulement. On récolte la gelée royale lorsqu’une colonie veut essaimer. Pour cela il faut donc orpheliner la colonie et placer de jeunes larves dans un cadre dans une ruche orpheline.
Les ouvrières vont nourrir ces larves avec de la gelée royale que l’on va récupérer.
La cire :
Ce n’est qu’à un certain stade de leur vie que les abeilles ont les glandes qui leur permettent de produire de la cire (glandes cirières).
Les abeilles de 0 à 2 jours : nettoient la ruche, de 2 à 6 jours : elles nourrissent le couvain avec la bouillie larvaire, de 6 à 10 jours : elles produisent la gelée royale, de 10 à 18 jours : elles produisent la cire, de 18 à 21 jours : elles sont gardiennes de la ruche, ensuite seulement elles vont sortir de la ruche et aller butiner, jusqu’à l’âge de leur mort, vers 45 jours.
Cette production leur demande beaucoup d’énergie : il leur faut 10 kg de miel pour produire 1 kg de cire. La forme des alvéoles : hexagonales et en V pour que le miel ne goutte pas. La cire est blanche quand elle est jeune, puis elle devient jaunâtre, et ensuite noirâtre.
La cire fond à 63°C, on la fait donc chauffer au bain-marie. Pour la purifier de ses impuretés, on la fait fondre dans de l’eau avec quelques gouttes de savon liquide. Les impuretés seront piégées dans la phase aqueuse, par le savon, et la cire en refroidissant sera épurée. On fabrique des plaques de cire gaufrée que l’on insère dans les cadres que l’on met dans la ruche. Ces plaques sont pré-alvéolées et les abeilles partent de cette ébauche pour fabriquer leurs alvéoles. Partant de cette cire, elles doivent en produire moins, ce qui les fatigue moins et laisse plus de miel à l’apiculteur.
En plaçant ces plaques, il faut que les alvéoles hexagonales soient placées avec la pointe vers le haut
et non avec le plat sur le haut
. Carc’est comme cela que les abeilles font.
La propolis :
c’est une substance visqueuse que l’abeille récolte sur les bourgeons (le peuplier en produit beaucoup). La propolis est récoltée dans les corbeilles de l’abeille et d’autres abeilles l’en débarrassent à son arrivée à la ruche.

La propolis a des propriétés antibiotiques. Les abeilles l’utilisent pour isoler la ruche de l’humidité et du vent, ça forme une fine pellicule hermétique (comme une sorte de ‘goudron’). Si un mulot entre dans la ruche, il est piqué et tué mais ensuite, comme il est trop lourd pour que son cadavre soit sorti de la ruche, les abeilles l’embaument avec de la propolis. Pour la récolter, l’apiculteur peut placer une grille avec de très petits trous au-dessus de la ruche. Pour enrayer cette entrée d’air et d’humidité, les abeilles vont combler les trous avec de la propolis (en une semaine seulement s’il y a des peupliers aux alentours). L’apiculteur purifie la propolis avec de l’éthanol et utilise cette solution pour protéger les parois internes de ses ruches, ses outils en bois, ses cadres, … (usage non-alimentaire)
Le venin :
l’abeille ne pique que lorsqu’elle est agressée, ou qu’elle se sent agressée. Une abeille porte la carte d’identité olfactive de sa ruche au travers de ses phéromones, elle ne devrait donc jamais se tromper de ruche (elle se ferait tuer). De même, des animaux qui entreraient, ou quelqu’un qui les dérangerait, serait piqué. Le venin contient un acide et une base, ce qui donne la sensation de brûlure, mais la piqûre n’est pas grave (sauf pour les personnes allergiques). Quand l’abeille pique dans la peau ou dans du caoutchouc, comme son dard a la forme d’un harpon, elle ne sait pas le retirer.
Elle est obligée de s’en défaire. Mais, en même temps, elle perdra ses glandes à venin et ses intestins car ils sont rattachés au dard. Elle va donc mourir rapidement. Le venin est utilisé par certains médecins contre les rhumatismes, les polyarthrites évolutives, … (stoppe l’évolution), sous forme de piqûres directement, ou alors sous forme lyophilisé.
Que faire pour éviter d’être piqué par une abeille ? Tout d’abord ne pas avoir peur (la peur a une odeur qui peut rendre l’abeille agressive), rester calme et éviter les grands gestes (elle se sentirait agressée et peut devenir agressive).
Quand on est piqué, que faire ? Retirer le dard en l’éjectant sans pincer les sacs à venins (glandes) qui y sont attachés, sinon on s’injecte soi-même le venin qui y est encore. Placer du vinaigre, ou de l’argile, ou de l’arnica sur la piqûre. Ou alors, petit truc personnel de Mr HAELTERMAN : prendre 3 plantes différentes et les frotter sur la piqûre.
Les abeilles ont besoin de nourriture et d’énergie pour passer l’hiver et hiverner. L’hiver, elles le passent en boule. Il fait 7°C en périphérie et 35°C au centre de la sphère. Au centre, la reine continue à pondre un peu, car ce sont les jeunes abeilles qui produisent la gelée royale. Les abeilles de la périphérie allant chercher le miel dans les alvéoles pour réchauffer toutes les autres. À la récolte du miel (souvent en juillet), l’apiculteur donne donc l’équivalent du miel : de l’eau sucrée, en même quantité que ce qu’il a prélevé, pour répondre à leurs besoins. Ce sirop sucré à saturation contient 600gr de sucre pour 1 litre d’eau. D’octobre à mars, la durée de vie des abeilles augmente. Dès que la température extérieure est supérieure à 7°C, les nettoyeuses sortent les cadavres de celles qui sont mortes.
Les faux-bourdons sont des oeufs non-fécondés et ils ne reçoivent pas la même nourriture que la reine, ni que les ouvrières. Leur rôle est la fécondation de la reine (et la ventilation de la ruche).
Une reine vit 4-5 ans. Elle essaime lorsque l’esprit de la ruche décrète qu’elle ne produit plus assez. Les jeunes reines sont les plus productives.
Je mettrai plus tard un article avec les propriétés des produits de la ruche... ;-)